À Issor, le storytelling comme outil de créativité, de lien et d’engagement

Du 24 novembre au 2 décembre 2025, Issor a accueilli une nouvelle mobilité Erasmus+ portée par l’association La Villa, dans le cadre du projet Social Theatre and Social Media. Cette première rencontre internationale a été consacrée au storytelling, envisagé comme un outil vivant, créatif et accessible pour renforcer le travail de jeunesse et mieux rejoindre les jeunes, en ligne comme hors ligne.

Cette mobilité a rassemblé 18 participant·es venu·es de France, du Portugal et de Slovénie. Elle s’adressait à des travailleur·ses de jeunesse, formateur·rices, coordinateur·rices et facilitateur·rices souhaitant découvrir de nouvelles manières de construire des récits qui parlent vraiment aux jeunes et qui permettent d’aborder des thèmes importants comme l’inclusion, la participation et la durabilité.

Tout au long de la formation, les participant·es ont exploré différentes façons de raconter, structurer et transmettre une histoire. L’infopack et le programme montrent une semaine mêlant storytelling, storyboarding, screenwriting, visual storytelling, mais aussi des temps d’improvisation théâtrale, de dynamique de groupe et de réflexion. Cette articulation entre récit, créativité et expression collective a permis d’aborder le storytelling non seulement comme une technique de communication, mais comme un véritable outil pédagogique.

La formation a été animée par Jose Branco et Jose Pedro Alfaiate, deux formateurs aux parcours ancrés dans l’éducation non formelle, le théâtre, le multimédia et la création artistique comme levier de changement social. Leur complémentarité a donné à la semaine une couleur à la fois humaine, créative et concrète, entre travail sur le fond des messages et recherche de formes adaptées aux réalités d’aujourd’hui.

Le cadre a lui aussi pleinement participé à l’expérience. La formation s’est déroulée à Issor, dans un petit village des Pyrénées, au gîte du Larrayou, dans un environnement calme, entouré de nature. Ce contexte simple et chaleureux a favorisé la concentration, les échanges entre participant·es, et la création d’une vraie dynamique de groupe au fil des jours.

Cette mobilité a montré que le storytelling peut être bien plus qu’un outil pour “mieux communiquer”. Il peut aider à donner du sens, à rendre un message plus sensible, à faire émerger la parole, et à créer des contenus qui touchent réellement les jeunes. Dans un contexte où les réseaux sociaux occupent une place centrale dans les vies quotidiennes, apprendre à raconter autrement est aussi une manière de rendre le travail de jeunesse plus actuel, plus créatif et plus engageant.

Avec cette première mobilité, le projet Social Theatre and Social Media a posé une base forte pour la suite : relier créativité, engagement social et outils numériques, afin de soutenir des pratiques de jeunesse plus vivantes, plus conscientes et plus proches des réalités des jeunes aujourd’hui.

À Brežice, Slovénie, une semaine pour faire du cirque un espace pour toutes et tous

Début octobre, à Brežice, Slovénie, le cirque est devenu un terrain d’exploration, de rencontre et d’apprentissage partagé. Pendant une semaine, la formation internationale DiversAbility Circus a rassemblé des travailleur·ses de jeunesse, éducateur·rices et praticien·nes du cirque venu·es de France, d’Italie, de Slovénie, de Hongrie et de Slovaquie pour réfléchir ensemble à une question essentielle : comment rendre les activités de cirque réellement accessibles à des jeunes aux capacités diverses ?

Organisée dans le cadre du projet Erasmus+ DiversAbility Circus, cette formation avait pour ambition de renforcer les compétences des professionnel·les et bénévoles qui travaillent avec des jeunes, en leur proposant des outils concrets pour utiliser le cirque comme méthode pédagogique inclusive. L’idée n’était pas seulement d’adapter quelques exercices, mais de repenser la facilitation, la sécurité, le rythme, la créativité et la place de chacun·e dans le groupe.

Tout au long de la semaine, les participant·es ont alterné entre pratique, échanges et réflexion. Le programme a abordé des thèmes de fond comme les différents types de handicaps, les raisons pour lesquelles le cirque fonctionne si bien comme outil éducatif, et les principes de la pédagogie du cirque inclusif. Il a aussi laissé une grande place à l’expérimentation, avec des séances consacrées au jeu DiversAbility Circus, au functional juggling, aux activités motrices adaptées, à l’équilibre, à la jonglerie adaptée et à l’acrobalance adaptée.

L’un des temps forts de la formation a été le travail autour de la mise en place d’un atelier de cirque inclusif. Les participant·es ont réfléchi ensemble à l’adaptation des activités, puis ont imaginé et testé leurs propres mini-séances avant de recevoir un retour du groupe. La fin de la formation a également été consacrée aux plans d’action personnels, au développement d’activités locales et à la diffusion des apprentissages dans les structures de chaque participant·e.

Le cadre a lui aussi compté. La formation s’est déroulée à Brežice, dans l’est de la Slovénie, au MC Hostel Brežice, un lieu situé tout près du centre-ville, avec hébergement en petites chambres, espaces communs et une atmosphère propice aux échanges. La page 5 de l’infopack présente d’ailleurs le lieu comme un espace convivial, au cœur de la ville, pensé pour permettre à la fois le travail et les moments de détente.

Au fil des jours, cette semaine a montré que le cirque inclusif ne repose pas seulement sur des techniques. Il repose aussi sur une manière d’accueillir, d’observer, d’ajuster et de construire avec les personnes plutôt que pour elles. C’est sans doute ce qui a donné à cette formation sa force : elle a mêlé outils pratiques, réflexion pédagogique et coopération internationale dans une dynamique très concrète.

Avec cette formation, le projet DiversAbility Circus a franchi une nouvelle étape dans son ambition de faire du cirque un espace plus ouvert, plus souple et plus inclusif. Une semaine riche en apprentissages, en essais, en discussions et en inspiration — et surtout une belle confirmation qu’un autre rapport au cirque est possible, plus accessible et plus attentif à la diversité des jeunes.